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10 nuances de Macronisme municipal

Tribune de Béatrice AGAMENNONE et Thomas FRIANG, Co-fondateurs de Energies pour Metz !

Des valeurs au service du progrès à toutes les échelles.

Forte de ses valeurs - responsabilité envers les générations futures, engagement en faveur de la dignité de tous et de l’émancipation du plus grand nombre, ouverture au débat caractérisé par une véritable bienveillance - la majorité s’engage pleinement pour amplifier dans tous les territoires le changement profond initié en 2017. Parce qu’il représente un espoir de prospérité pour la France.

Ce travail à l’échelle locale n’est - pas plus qu’au gouvernement - une volonté de dégagisme. Bien au contraire : nous ouvrons pour faire émerger des majorités de progrès, des équipes municipales alliant des personnes qui ont déjà eu un engagement politique ou qui n’en ont jamais connu, pour fédérer des énergies nouvelles, capables d’apporter un souffle à toutes les échelles.
Cet arc progressiste a pour principal défi de s’enraciner dans tous les territoires. Nous devons y travailler dès aujourd’hui. Et comme la bataille des idées est la mère de toutes les batailles, il faut donc penser au plus vite ce que pourrait être le « Macronisme municipal ».

Concrètement, “macronisme municipal”, c’est quoi ?

(1) Offrir des opportunités équitables à tous les territoires et à leurs habitants.

Le souci de la dignité et de l’émancipation du plus grand nombre est la boussole qui guidera les mairies “en marche”. Ce n’est pas une préoccupation nouvelle ; il s’agit plutôt d’apporter un soutien renouvelé à l’idée qu’il faut apporter plus aux communes les plus pauvres et soutenir mieux les familles vulnérables dans toutes les communes.
A l’échelle locale, de nombreux leviers existent pour réaliser cet objectif de justice sociale. Au plan national, c’est le dédoublement des classes de REP. Au plan local, ça peut être favoriser l’accès au logement social, développer les transports en commun, créer un tarif très social dans les cantines municipales, mettre sur pieds un accompagnement scolaire pour les élèves issus des familles plus en difficulté.

Le “Macronisme municipal”, c’est décliner à l’échelle de la ville ce que le gouvernement fait déjà pour lutter contre l’extrême pauvreté et la grande précarité en plus des efforts engagés pour la classe moyenne (suppression de la taxe d’habitation, revalorisation de la prime d’activité et annulation de certaines charges salariales).

(2) Impliquer chaque territoire dans la transition écologique.

C’est un défi mondial qui appelle des solutions planétaires. Mais c’est aussi et surtout un souci du quotidien pour les futurs marcheurs de tous les conseils municipaux. Notre priorité sera de faire de l’écologie locale une cause qui mobilise le maximum, et non qui punisse les plus vulnérables qui sont généralement les plus dépendants aux énergies fossiles.

Ne jamais faire de l’écologie « alibi », incantatoire. Notre objectif c’est que la transition écologique sous-tende toutes les décisions qui doivent être prises dans nos communes : que l’aménagement, l’urbanisme, les déplacements, les loisirs soient retravaillés, évalués à l’aune du développement durable.

Le “Macronisme municipal”, c’est travailler au quotidien sur les sujets sur lesquels les communes ont du pouvoir pour réaliser la transition écologique : le bio dans les cantines scolaires avec l’agriculture locale, les circuits courts dans la restauration collective, le développement de sources d’énergies renouvelables à l’échelle d’une intercommunalité (exploitation locale de la biomasse, régie municipale pour capter les sources de chaleurs, mobiliser les citoyens dans le financement de l’éolien et du photovoltaïque etc.), la renaturation et végétalisation de la ville pour diminuer son empreinte carbone, etc.

(3) Lutter contre les inégalités sous toutes leurs formes.

Le Macronisme municipal, c’est continuer notre combat pour l’égalité. Prenons un exemple concret : faire avancer au plan local la grande cause du quinquennat, l’égalité femmes - hommes. Pour aller plus loin, concrètement, pour passer des droits formels aux droits réels, nous pourrions :

  • Donner des postes à réelles responsabilités aux femmes dans les conseils municipaux.
  • Former et aider au quotidien pour concilier un mandat politique et une vie de famille.
  • Travailler sur une politique de la petite enfance plus inclusive.
  • Soutenir les associations des femmes qui subissent des violences, y compris par une politique de sécurité locale efficace.
  • Développer l’ensemble des dispositions pour assurer la sécurité de tous et assurer à chacune la liberté d’aller et venir.
Faire avancer l’égalité, c’est un sujet qui concerne l’égalité femmes - hommes bien sûr, mais plus largement toutes les formes de discrimination.

(4) Soutenir les efforts des élus locaux pour la réindustrialisation française sur tout le territoire.

Les élus locaux sont déjà les entrepreneurs et les ambassadeurs de leurs territoires. Mais disposent-ils de tous les outils nécessaires pour saisir toutes les opportunités de développement économique ?

Le Macronisme municipal, c’est aussi accompagner tous les élus locaux, quelle que soit leur appartenance politique, à analyser, développer, et susciter des opportunités économiques et sociales, par exemple dans le soutien à la recherche au développement de nouveaux produits, services ou procédés innovants. Il y a des financements de la Banque Publique d’Investissement comme de l’Union européenne à mobiliser pour soutenir avec force toutes les initiatives qui les entourent.

(5) Repenser la démocratie municipale.

Nous, les marcheurs, avons toujours prôné la bienveillance et c’est avec la même déférence qu’il s’agira de respecter l’opposition dans tous les conseils municipaux.

Si nous estimons qu’il faut faire travailler tous les élus locaux en bonne intelligence, avec pragmatisme, il s’agit tout autant d’être imaginatifs sur les procédés permettant de co-construire les politiques avec les citoyens, de les associer, par des circuits courts, à la décision publique.

Nous voulons continuer d’inventer de nouvelles formes de démocratie vivante :

  • Les budgets participatifs ont contribué à cet objectif, mais nous voulons élargir les politiques publiques qu’ils permettent aux citoyens d’orienter directement ;
  • Et nous voulons également élargir au maximum les cercles de citoyens qui prennent part à ces démarche (nous veillerons à ce que la démocratie participative ne soit pas l'apanage de quelques initiés à la vie locale).

(6) Placer nos communes à la pointe des savoir-faire français en matière d’innovation, en particulier comme “villes intelligentes”.

La transition numérique va pouvoir permettre de développer de nouveaux services urbains. Optimiser les déplacements, offrir de nouveaux services aux personnes dépendantes, partager les données pour permettre à nos entreprises d’être concurrentielles, tout cela nous est offert par les innovations contemporaines.

Mettre le développement digital au service de la transition écologique, développer ces villes “intelligentes”, c’est faire mieux avec moins. C’est vrai dans les grandes métropoles comme dans les petites communautés de communes. Face aux dérèglements climatiques tout comme aux défis budgétaires qui touchent particulièrement les collectivités locales, c’est essentiel. C’est ce modèle qui orientera nos choix.

(7) Faire des Mairies de véritables incubateurs de projets.

Souvent, le soutien aux associations et aux porteurs de projet locaux a été un marqueur “de gauche” alors que la droite tendance Wauquiez ou Le Pen fait de la suppression des subventions associatives l’Alpha et l’Omega de la bonne gestion locale.

Tout au contraire, nous pensons que les communes doivent devenir de véritables foyers où grandissent des projets initiés par les citoyens, pour résoudre des problèmes d’intérêt commun.

Les marcheurs élus dans les communes de France devront soutenir les porteurs de solutions locales avec un budget dédié. Par leur esprit d’initiative, ils contribuent au rayonnement de la ville et répondent aux enjeux de développement économique et transition écologique. Ce soutien se manifestera par un appel à projet récurrent et ambitieux. Il sera ouvert sans clientélisme : focalisé sur les priorités municipales, basé sur une évaluation d’impact des projets proposés, et réalisé avec des critères transparents, il sera un moyen efficace et juste d’associer les citoyens à l’action publique.

(8) Assurer une gestion rigoureuse des deniers publics pour préserver le consentement à l’impôt.

Nous, les marcheurs des communes, devons faire face à un double risque : les dotations aux collectivités baissent d’une part, et d’autre part, un puissant ras le bol fiscal s’exprime déjà dans le pays. La bonne gestion n’est donc plus une option et nous en avons totalement conscience car nous ne voulons pas charger les générations futures en dette publique.

Nous proposons donc de commencer les mandats municipaux par un véritable audit financier de la collectivité afin d’être totalement au clair sur la situation de gestion de la ville. Cet audit comptable devra s’associer à une enquête de satisfaction des usagers du service public.
Cette éthique de la responsabilité qui nous engage envers les contribuables et les usagers, c’est une marque de respect très importante qui pourra redonner tout son sens à l’impôt local. C’est aussi un exercice d’honnêteté intellectuelle qui sera la première pierre pour bâtir un mandat sur des bases saines.

C’est aussi un moyen d’évaluer l’impact des politiques municipales sur l’évolution des inégalités - y compris entre les hommes et les femmes - et sur notre capacité à répondre aux défis du changement climatique. Cette révision générale des politiques publiques à l’échelle de la commune et de la communauté de commune, c’est une marque inédite de fabrique du Macronisme municipal qui n’oppose jamais la justice sociale et l’efficacité économique.

Dans la même logique, le Macronisme municipal c’est rendre compte de sa gestion chaque année, pour donner aux citoyens une vision très claire de l’utilisation des deniers publics.

(9) Jouer, avec le gouvernement, tout le jeu des réformes, y compris sur la sécurité.

Avec la mise en place de la Police de Sécurité du Quotidien, le gouvernement commence une transformation en profondeur des moyens utiles pour assurer la sécurité des Français en accentuant les efforts dans les quartiers qui en ont le plus besoin.

Sur le sujet central de la sécurité comme sur tous les autres, les municipalités en marche se positionneront comme des partenaires du gouvernement pour expérimenter des solutions innovantes à l’échelle locale. Prenons des exemples concrets : quid d’une police mixte mêlant la proximité de la police municipale et les savoir-faire de la police nationale ? Quid d’une chaîne de commandement plus intégrée entre les forces de l’ordre locale et les sociétés de sécurité privée qui oeuvrent sur le territoire lors des grandes manifestations culturelles ou sportives ?

L’expérimentation est - dans le domaine de la sécurité mais pas seulement - ce terrain de jeu dans lequel le Macronisme municipal peut s’épanouir pour innover et tester, à l’échelle locale, des solutions réplicables à l’échelle du pays si elles fonctionnent.

(10) Ne jamais opposer les territoires les uns aux autres et agir pour un acte IV de la décentralisation.

L’organisation de la puissance publique sur les territoires est un défi au long cours. Les marcheurs aux responsabilités communales accompagneront l’État dans la réorganisation de ses services, l’aideront à rendre le meilleur service à la population dans une posture de coopération et pas d’opposition.

En particulier, nous veillerons à ce que les grands équilibres territoriaux soient respectés pour ne pas accentuer la fracture territoriale par les réformes de l’administration et pour toujours réaliser l’objectif de dignité et de responsabilité qui fondent le courant progressiste. Cet objectif de justice territoriale se décline de l’échelle nationale à l’échelle communale. Nous ne voulons laissons pour compte aucune commune, aucun quartier.

*

En somme, nous voulons faire de nos villes des communes où il fait bon vivre, où l’on a envie d’élever ses enfants, où l’on espère passer ses vieux jours.

  • Cela suppose de ne jamais opposer justice et efficacité de l’action publique.
  • Cela nécessite de ne jamais opposer les citoyens et leurs élus mais de les faire travailler ensemble.
  • Cela oblige à respecter soigneusement les équilibres entre le rural et l’urbain.
  • Cela nous engage à vouloir embrasser avec ambition la modernité, avec ses opportunités technologiques tout comme ses défis climatiques.
  • Cela nous oblige à saisir toutes les opportunités offertes par l’Union européenne pour développer les territoires.

Le Macronisme municipal, c’est réunir toutes les énergies locales au service de nos territoires, pour bâtir des villes qui respirent.

Béatrice AGAMENNONE et Thomas FRIANG, Co-fondateurs de Energies pour Metz !

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